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EXTRAITS

POÈTES

EXTRAITS de poètes

La pire des oppressions

est celle de la pensée

qui se nie pensée de l'oppression

par l'archivage de sa lucidité

...ce dogme à la pointe de la prohétie

Le vent a poussé le poème

sous le pêcher en fleurs

Les amants s'y reposent

d'un long silence à perte

de mots fous

On entendrait la place inchangée des choses

si l'étonnement n'avait glissé de l'arbre

dans le fruit interdit

d'un moment

simple

Venir

se poser doucement

dans la réserve

tourné vers l'autre mer

où ne cesse de s'inventer

de nouvelles fraternités

de brusques vérités

contre les récifs de patience...

En ces temps de guerre perpétuelle...

Venir par enjambement des disparitions

coucher dans l'eau profonde

d'aimer juste

Traverser la saison

de port en port

de soi en soi

comme chevauche l'énigme du monde

par toutes ses turbulences

Voir s'accomplir l'heure

les yeux ouverts sur le clos

rejoindre l'eau des ombres

à la vitesse de la lumière

Prendre repos dans la bonté humaine

sous la caresse d'un beau visage

Puis s'établir sous le danger

de désapprendre

Le désir est insoumis

son élan invasif

la chair s'y prononce

au gré des flammes

qu'il fulgure de son anima poétique

le désir milite pour une idée convulsive de l'autre

son expulsion de la glaise des caprices

désir resplendissant

des pleins vouloirs

au sommet de l”immaîtrisable

Qu'est-ce qu'une idée juste

qui ne serait soutenue par la face du rêve

et les muscles bandés du jour

Ce qu'il y a de beau dans la révolte

c'est sa question au-delà de tout ordre

et raison

sa puissance d'inachèvement d'elle-même

sans autre promesse

que l'échouage des dogmes

à l'épreuve des faits

Quels signes montés des profondeurs refoulons-nous dans l'impénétrable ?

Comment de l'évidence ne retenons -nous qu'une pâleur amère ?

il est vrai que parfois on ne voit du levant que l'impartageable qui nous concerne

il est vrai que souvent c'est à sa manière de s'écarter de nous

qu'on mesure l'extrême brûlure de vérité

On ne comprend du monde que sa déflagration en nous...

un oiseau qui explose le rêve de notre envol

Souvent la peine...

miroir du soir

s'abreuvant d'effacés

épouse errante

dans l'usure des gestes

de se fondre

Souvent cette marée

d'absences montant

du pays d'écueils

cachés derrière

la barque des mots tendres

Souvent une rumeur d'horizon

infiltrant les lignes

du laisser vivre

où le rêve tombe en notes

fausses

souvent...souvent

Toujours

quelque figure incontournée

de l'immuabl

L'histoire

au couché des pages

ne saisit rien de la lune et des étoiles

qui en pansèrent ses plaies

A regarder l'essence ambiguë de l'écriture

qu'il lui consacre

l'homme devrait en capturer le secret

Il se perd dans l'extrême danger de la fascination

des fonds commis

assimilables à une ivresse

dont il n'échappe à son vertige

que par la pensée du retour éternel de l'identique

Que ne commettre en nous le poète-manifeste

de l'entre-deux du ciel et de la terre

le poète-homme

vent futur des circonstances

portant miracle de ce jour

d'une histoire autre

On ne peut aimer vraiment

qu'à la cime des profondeurs

debout sur la courbure du vent

dans le rien dire des cieux

où ne se ruine plus le silence des mots

quand s'exclame sous l'étreinte du dénuement

le rire imaginaire

Beauté des mots

sans voir si loin

que meurt d'un cri

l'innocence

devant les rêves brisés

par le pays sans âme

beauté impatiente du soir

si douce

qu'on se promet à croire

la parole de rareté

que traverse le poème

de la terre à l'enfance

beauté visionnaire du revoir

si proche

que se tend la branche

de mémoire apaisée

vers l'oiseau macabre

martelant les corbillards

beauté

pieds nus

du jour de fête

quand la solitude

vibre sous la caresse

et ton chant connaît

la possession des langues

............................................................................................

Non aux ordres

Oui au désordre créatif

Si les mots ont été capturés par le marché et la finance pour ne plus participer qu'à une langue d'ordres, il nous appartient plus que jamais de les libérer en remettant du désordre entre eux, en les associant nouvellement, étonnamment selon des réalités sensibles qui sont celles de nos vécus et de leurs rêves qui leur donnent chair et fièvre.

Place du parler ensemble

Place du commun -vivre et porter la parole

Place du rassemblement des mots

Place de la voix publique

Place du peuple-poème

il n'y a pas une place pour penser

librement

mais toute la place pour la liberté de penser

autrement

Ce qui nous emplit de bonheur sur cette place, c'est le désordre apparent dans lequel les paroles prennent l'espace sonore et construisent dans ce désordre de nouveaux agencements, inventorient et expérimentent de nouvelles associations de pensées, susceptibles de tisser des réseaux clandestins d'écoutes, d'ententes, d'affinités électives qui déjouent l’arrogance médiocre et la prise en otage du langage par les gens de pouvoir.

Rendons à la raison ce qui lui appartient de nos révoltes

Rendons aux mots ce qui leur appartient de nos écarts

Rendons à la langue ce qui lui appartient de nos intuitions

Inaugurons le poème à chaque pas de devenir debout

C'est pourquoi nous sommes des poètes debout en ces temps d'allégresse …

Ph.T

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POÈTES DEBOUT
“Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde.”
Albert Camus
Depuis ses origines la poésie est émotion et rythme, car le rythme est vie, pulsations,
souffles, aurores, couchers de soleil. La poésie est connaissance et mémoire,
langage condensé en symboles, mots, sons. La crise actuelle questionne les
fondements des relations des homes avec la nature et avec les autres homes ; mais
comment comprendre les rapports de l’homme avec la nature et avec ses
semblables si nous dissocions les explications scientifiques ou politiques des
perceptions poétiques.
Époque paradoxale ces débuts du XXIème siècle, d’une part nous avons plus de
nécessité de poésie, dans un sens vital, pour nous exprimer avec un langage
sensible par rapport aux grands défis du temps présent. D’autre part la poésie et les
poètes sont relégués à la périphérie de la Cité. Les héros modernes sont des
hommes d’affaire millionnaires, des acteurs ou des sportifs célèbres, suivis par des
paparazzis qui diffusent leurs images dans le cyberespace.
Il est normal de se demander s’il ne serait pas nécessaire de décréter un état
d’« urgence poétique » pour libérer les langages et prononcer le monde autrement.
Si les poètes souhaitent revenir au centre de la Cité ils doivent se prononcer avec
leurs mots et leur langage, sur les grands défis que nous affrontons :
l’environnement, la nature, l’exclusion sociale, la corruption de certaines élites, les
guerres, la violence… doivent être aussi prononcés par des poètes
Exemple : néologisme d’intérêt public
Panama Paper’s = SEFIKILL = « SErial FInancial KIllers » :
Espèce sauvage habillée en costume cravate qui habitait Wall Street et ses
alentours au commencement du troisième millénaire. Ils pratiquaient
l’anthropophagie, jouaient des vies en bourse en les asphyxiant dans des fonds
de placement volatiles, ils mangeaient les restes au centre de l’arène, entre
têtes tombées et valeurs suspendues.
Cher Mario1
Que pouvons-nous, les poètes ? Que pouvons-nous dans ce monde ? Reality Show
Big Brother jusqu'au cou ! Ne crie pas frérot, on n'est pas bons pour ce casting...
Souriez fleurs ! Pleurez lait ! Marchez velours !... Ne regardez pas la caméra !
Dehors ! On est tombé de la scène, frérot. Que peuvent les poètes de toute cette
impuissance ? Toute cette molle et inutile honnêteté feutrée, tout l’amour contrarié,
barrière baissée, lumières en grève. Pardon si je suis un peu confus. Essayer
d’inventer des mots, tout ce que peuvent les poètes, décaper les langages, libérer
les pores pour qu’ils respirent à nouveau. Mondialisation, libéralisme, capitalisme,
communisme… des mots comme des vieilles chemises au relent rance. Comment
appeler ces assassins légaux qui jouent les vies à la roulette ? En ce moment un
vieux chiffonnier traînant son chariot, une enfant qui vend du sexe, une mère qui
vend son enfant, un rein en promo… Quels mots pour les spéculateurs de vies ?
Après avoir secoué les cervelles, tiré les dés et les syllabes, réuni accents et codes,
j’en conclue que le mot Sefikill, dérivé de l’anglais « Serial financial killers », est le
plus approprié pour désigner ces personnes. J’ai demandé à mon ami Peter Tjebbes
qu’il conçoive un idéogramme2 adéquat à la diffusion internationale de ce mot. C’est
pourquoi je t’adresse cette lettre, pour qu’elle soit publiée dans le journal de Boedo,
laissant une trace pour les générations à venir.
Sachant par avance ta solidarité avec les poètes inutiles, utopistes et délirants,
reçois mes salutations affectueuses.
J.M
1 Lettre adressée par José Muchnik à Mario Bellochio, publié dans le journal « Desde Boedo »
(Buenos Aires-Argentine) en Octobre 2008. Extrait de : SEFIKILL, Mots pour le nouveau millénaire.
Ed. CICCUS, 2014, Buenos Aires.
2 Idéogramme conçu par Peter Tjebbes qui signifie Sefikill

**********************

"Histoire de ma maison ou Naître"
Avec mon doigt, je trace un chemin sur le sable.

Le chemin tremble comme un désir qui s'éveille.

Il se creuse vers un jardin d'écumes odorantes.

Il s'offre aux gouttes de rosée.

Il flotte dans le ciel aux vagues en bouquets.

Avec mon doigt, je trace un chemin sur le sable.

Le chemin tremble comme un désir qui s'éveille.

Le surprendre un matin, avec ferveur le recueillir.

Dans mon panier d'osier, il prend toute la place

Giclant un bleu très nu.

Jacqueline Persini

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« L’Épissure des mots » est paru dans la collection en 2008. Voici deux petits extraits.

Ainsi fut l’ivresse et la plaie d'Ève.

Ce détour qu’en toute pensée un carnassier veille.

Cette saveur appuyée de tourbeux,

De milliers de larves et plumes obsolètes,

Ce battement infini et frêle qui vit la métamorphose…

(extrait de La plaie d’Ève ou l’incompressible rumeur d’un réel attenant...)

Arc-bouter sa pensée à un monde tu.

En extraire labour après labour d’imperceptibles crêtes,

Dorsales éparpillées.

Des mondes sans voix. Portés par leur vacuité.

Le silence est-il je ? Insensé ? Infini ?

Se meut-il par fragments, idéogramme, expérience ?

A-t-il une âme, un centre ou n’est-il qu’évaporation ?

Je le sens comme un troisième langage.

Celui du signe intemporel d’une présence au monde.

Celui d’un irrationnel érotique qui me pousse à chavirer.

Celui qui traverse l’immensité par énigmes,

Disparaît et resurgit là où on ne l’attend jamais.

(extrait de Le phénix des Interstices)

Marc-Williams Debono

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D’une photographie

 

A ma mère

Un regard

Toute une vie, ou presque, avec en plus la paresse du temps à compter les semaines quand le matin sous la lampe allumée rejoint le soir sans que dehors ait frappé à la fenêtre grise

Toute une vie dans l’acuité de l’œil

Je devrais savoir lire, à travers les rides de l’ennui, les années qui m’échappent…

Une vie

Un sourire qui se force et rien ne sera dit

Rien

Sauf une parole échappée

Comme on voit, dans le sable, reparaître une source, où l’on soupçonnait, disparue, une ville

Pierre GOLDIN

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PASSAGE DU TEMPS

(« Le temps non, mais nous nous en allons »,

Ronsard)

Et c’est ainsi que nous passons avec le temps, et avec nous

passe l’amour et il laisse derrière nous un silence, et

en nous ne reste que du silence, et

nous sommes muets alors même que nous sourit un amour,

il nous sourit dans le silence

d’un temps pendant lequel nous languissons d’entendre au moins un

unique son, dans le désert du silence,

dans un désert réel mais le plus souvent virtuel,

avec, au second plan, l’écran d’un autisme sur lequel

défilent les mots « mère, tu es vraiment belle aujourd’hui » ;

un silence qui est tendre à l’égal du regard retrouvé

sur quelque visage, semblable à une douce musique qui

résonne sans la moindre note.

2010

(januar-februar)

Toliko smrti ove zime:

Oleander osušeni, smežurana i uspravna ruža,

Maslačak nisam ni smela da oduvam,

žbun lavande požuteo, jedino se još

Zimski jasmin drži, a i katus u mojoj sobi, naravno,

Pa tako i prijatelji, neki nestaju, neki su već otišli

A neki se još drže Božijom milosti i sopstvenom ljupkošću duha

Neki su prebrzo, preko noći odrasli i tako naglo sazreli,

Upali u neku tugu, pa tako i ja,

Ah, žudeti za povratkom žudnje,

svakodnevni jelovnik ostarelih pesnika!

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Table des Matières

Passage du Temps

2010

Aucune Crème

Danseurs de Butô

Et toutes ces rencontres…

Notes Arrachées à une ancienne histoire de l’art

Prométhée

Prométhée II

Pour l’anniversaire de Dounia

La Nuit dernière j’ai rêvé de toi

La Factory d’Andy Warhol

Le Beau Monde

Amour est un mot..en cinq lettres

La discipline c’est comme de la colle

Le phénix

Dans l’usine à paroles

Rue Jean Cocteau

Cercle caucasien

Les pantoufles de la Saint Valentin

Rue des Songes

Cantare surdo

Ode à la soupe de Kirila

Basel / Bâle

Sfumato

À quoi bon le cirque ?

Berlin

Fukushima est en activité — pendant que nous dormons tous

Guérison à Brick Lane

Pour l’anniversaire de Daba

Vaste merdier

Nina Živančević

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100 poèmes donnés au vent, réunit une suite de poèmes destinée à un ami qui est en train de mourir. Le livre lui est dédié. Apprivoisement d’une mort regardée en face dans un ordre qui est bien celui de la nature, musique allant vers sa fin et jusqu’au bout de son espérance portée et emportée avec le souffle qui appartient au vaste vent. Vent aussi de la poésie qui fait aimer la parole dans le souvenir de la voix presque déjà perdue.

Jean-Pierre Bigeault, psychopédagogue puis psychanalyste, n’a pas cessé de regarder le monde en poète. Educateur, enseignant, animateur d’institutions, thérapeute, la pensée de son action s’est nourrie des images qui portent la vie au-delà d’elle-même, là où sa fragilité lui revient en force.

Ainsi en auront témoigné une dizaine de recueils de poésie et de nombreux essais dont, plus récemment, le Double crime de l’abbé Desnoyers, et Une poétique pour l’éducation(l’Harmattan).

En regardant la mer

Loin devant et peut-être déjà derrière

Ce qui est encore soi te fait signe

Un seul visage de sable et d’eau

Te porte jusqu’à la mer.

Un seul visage à marée basse

Et ce ciel sur le grand lit

De sable et d’eau

En appelle à la nuit des vagues.

Autrefois déjà l’enfant tiré par le soleil

S’en allait ébloui dans le déferlement

Du temps aux flammes d’écume

Et la nuit l’attirait aussi.

Un seul visage lui parlait au cœur de l’eau

Et ainsi la vie te dit encore cette retombée

De la courbe où l’amour même se défait

De son poids pour n’être plus que souvenir.

Trace que tes amis dessinent

Sur le grand visage de sable et d’eau

Pour les guider loin d’ici

Jusqu’au lieu vibrant de la paix.

Loin devant et peut-être derrière

Ce qui est encore toi nous fait signe

Est-ce toi est-ce nous qu’un seul visage

De sable et d’eau porte jusqu’à la mer.

Il y avait ainsi après l’ascension de ce soi

Qui à la fin n’était plus que lumière

Au sommet de la vague

Un repos.

Loin devant et peut-être déjà derrière

Ce qui faisait signe

S’étendait sous la forme d’un grand visage

Devant la mer

Et attendant son retour se creusait

Dans son sable

Pour que l’eau s’y endorme

Dans sa nuit d’eau

Et sa montagne d’étoiles.

Jean-Pierre Bigeault, Août 2013

Âmes du cosmos

Le cosmos est composé des opposés

dans sa totalité, il se trouve soumis
au changement de l'un qui donne l'autre.

Le cosmos où l’âme est en mouvement
n’est pas limité
dans son immortalité.

Le cosmos où l’âme se croit triste
n’est pas hospitalier
dans sa férocité.

Le cosmos où l’âme erre sans espoir
n’est pas avenant
dans sa rugosité.

Le cosmos où le corps n’a pas de sentiment
demeure sans âme
et l’âme sans le corps cherche ses sensations.

Tout change dans l’univers sauf le changement
et encore le dépaysement, le bouleversement,
le déracinement, le déchirement, l’empêchement.

Dans son immortalité,
le cosmos donne la mortalité aux enfants,
aux âmes innocentes, aux âmes inoffensives,
aux âmes heureuses, aux âmes amoureuses,
aux âmes merveilleuses, aux âmes généreuses,
aux âmes immortelles.

Dans sa totalité, le cosmos est composé des opposés,
il se trouve soumis au changement de l'un qui donne l'autre,
la naissance donne la mort tout comme la guerre.

L’âme mortelle du cosmos se révolte
dans sa conviction immortelle.
Tout change dans le cosmos sauf le changement.

L’arbre coupé ne tombe pas,
l’amoureux blessé ne pleure pas
le cœur en flamme ne brûle pas,
l’humanité atteinte dans sa dignité
ne s’éteint pas,
l’âme en détresse ne meurt pas.

Les âmes du cosmos se mobilisent,
marchent ensemble.

 

Les âmes du cosmos se réunissent,
se donnent la main,
se donnent le cœur,
les âmes mortelles du cosmos se révoltent
contre l’injustice immortelle.

Tout change dans le cosmos sauf le changement.
L’arbre coupé ne tombe pas,
l’amoureux blessé ne pleure pas.

L’âme défaite ne cède pas.
L’âme du cosmos résiste…

Serpilekin Adeline Terlemez

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